Louer en courte durée à Dijon en 2026 : les 6 règles à connaître avant de publier votre annonce
Enregistrement obligatoire, fiscalité, copropriété, DPE : le point complet sur la réglementation de la location courte durée à Dijon en 2026.
RÉGLEMENTATION
La Cave à Séjours
8/21/20265 min read
Depuis le 20 mai 2026, plus aucun propriétaire ne peut louer un meublé de tourisme sans s'être enregistré. Et ce n'est qu'une partie du chantier ouvert par la loi Le Meur : fiscalité revue à la baisse, copropriétés qui peuvent désormais interdire la courte durée, DPE qui devient un préalable dans certaines zones.
Chez La Cave à Séjours, nous accompagnons des propriétaires à Dijon, Chaumont et leurs agglomérations, et nous voyons passer les mêmes questions chaque semaine. Voici, sans jargon, ce qu'il faut avoir en tête en 2026, et ce que ça change concrètement pour un appartement à Dijon.
1. Le numéro d'enregistrement est désormais obligatoire partout
C'est le changement le plus structurant. Jusqu'ici, l'enregistrement en mairie ne concernait que les communes ayant délibéré en ce sens. Depuis le 20 mai 2026, la démarche s'applique à toute la France, via un téléservice national unique.
Le principe est simple :
vous déclarez le logement en ligne (adresse, type de bien, capacité d'accueil, statut résidence principale ou secondaire) ;
un numéro d'enregistrement à 13 caractères vous est délivré ;
ce numéro doit apparaître sur toutes vos annonces : Airbnb, Booking, Abritel, votre site personnel, et même vos supports papier.
Deux pièges fréquents :
Le SIRET ne remplace pas l'enregistrement. Déclarer son activité de loueur meublé sur le guichet des formalités des entreprises (INPI) et obtenir un SIRET est une obligation distincte. Les deux démarches sont cumulatives.
Ne surqualifiez pas votre bien en résidence principale. La case doit refléter la réalité et être justifiable (avis d'imposition à l'adresse du logement). Une résidence principale ne peut être louée que 120 jours par an au maximum, toutes plateformes confondues, et certaines communes peuvent abaisser ce plafond à 90 jours.
Les sanctions ne sont pas symboliques : jusqu'à 10 000 € pour un défaut d'enregistrement, 20 000 € en cas de fausse déclaration, et jusqu'à 50 000 € pour un changement d'usage illicite.
2. La fiscalité du meublé de tourisme a nettement durci
C'est le point qui surprend le plus les propriétaires qui découvrent leur avis d'imposition. Pour les revenus perçus depuis le 1er janvier 2025, le régime micro-BIC a été revu à la baisse :
Meublé de tourisme non classé
Abattement de 30 % (contre 50 % auparavant), plafond de recettes ramené à 15 000 € (contre 77 700 €).
Meublé de tourisme classé
Abattement de 50 % (contre 71 % auparavant), plafond maintenu à 77 700 €.
Au-delà du plafond, le régime réel devient obligatoire.
Concrètement : un appartement dijonnais qui génère 20 000 € de recettes annuelles dépasse le plafond micro-BIC s'il n'est pas classé, et bascule au régime réel.
Ce n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Le régime réel permet de déduire les charges effectives : commission de conciergerie, ménage, consommables, assurance, intérêts d'emprunt, et surtout d'amortir le bien et le mobilier. Dans une majorité de cas, il est aujourd'hui plus favorable que le micro-BIC. Il impose en revanche une comptabilité tenue sérieusement, donc un expert-comptable.
L'autre levier, c'est le classement en meublé de tourisme (1 à 5 étoiles, via un organisme accrédité). Comptez quelques centaines d'euros pour cinq ans : le retour sur investissement est souvent immédiat pour un bien qui dépasse les 15 000 € de recettes, puisqu'il permet de conserver l'abattement de 50 % et le plafond de 77 700 €.
3. Votre copropriété peut désormais dire non : à la majorité des deux tiers
Auparavant, interdire la location de courte durée dans un immeuble supposait de modifier le règlement de copropriété à l'unanimité. Autrement dit : c'était presque impossible.
La loi Le Meur a abaissé ce seuil à deux tiers des voix (article 26 de la loi de 1965), une disposition validée par le Conseil constitutionnel.
Ce que ça implique en pratique :
avant d'acheter ou de vous lancer, lisez le règlement de copropriété (clause d'habitation bourgeoise, clause d'occupation exclusivement bourgeoise, mention explicite de la location saisonnière) ;
si vous louez déjà, surveillez les ordres du jour d'assemblée générale et allez-y. Une interdiction votée en votre absence s'impose à vous ;
soignez la relation avec le voisinage. Les nuisances sont le premier déclencheur d'un vote d'interdiction. Un règlement intérieur strict, une sélection des voyageurs et une gestion réactive des arrivées valent tous les arguments juridiques du monde.
4. Le DPE entre dans l'équation
La performance énergétique n'est plus un sujet réservé à la location longue durée. Depuis 2026, une classe E minimum est exigée pour les nouvelles mises en location de meublés touristiques en zone tendue, avec un durcissement progressif prévu sur l'ensemble du territoire, et des justificatifs énergétiques pouvant être demandés à l'appui de l'enregistrement.
Le conseil : faites réaliser (ou vérifier) votre DPE avant d'engager des travaux d'aménagement. C'est le genre de diagnostic qui réoriente un projet, et il vaut mieux le savoir en amont.
5. À Dijon spécifiquement : pas de quota, mais des contrôles
Bonne nouvelle pour les propriétaires dijonnais : la ville n'a pas mis en place de mécanisme de compensation ni de quota par quartier, contrairement à Paris, Lyon, Nice ou Bordeaux. La courte durée y reste accessible, y compris en résidence secondaire.
Cela ne veut pas dire que le sujet n'est pas suivi. Le centre ancien de Dijon, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO et couvert par un secteur sauvegardé, fait l'objet d'une attention particulière, et le recoupement entre annonces en ligne et déclarations enregistrées est devenu une pratique courante des services municipaux.
Le message est simple : à Dijon, la conformité est facile à obtenir. Il n'y a aucune raison de s'en dispenser.
Point de vigilance : la réglementation locale peut évoluer par délibération du conseil municipal. Vérifiez systématiquement l'état du droit auprès de votre mairie avant de vous engager.
6. La taxe de séjour : collectée, mais sous votre responsabilité
Airbnb et Booking collectent et reversent automatiquement la taxe de séjour pour les réservations passées via leurs plateformes. En revanche, dès que vous encaissez en direct, réservation par votre propre site, par téléphone, par un canal non collecteur : la collecte et le reversement vous incombent, avec une déclaration périodique auprès de la collectivité.
C'est un des points que nous prenons en charge dans notre gestion, avec le paramétrage du channel manager pour que rien ne passe entre les mailles.
Ce qu'il faut retenir
La location courte durée n'est pas devenue impossible en 2026. Elle est devenue un métier encadré, où l'improvisation coûte cher, en amendes, en impôts payés en trop, ou en mandat perdu à la suite d'un vote de copropriété.
Le triptyque à sécuriser avant toute mise en ligne :
Numéro d'enregistrement + SIRET
Règlement de copropriété vérifié
Régime fiscal arbitré (micro-BIC, réel, classement)
Le reste : annonces, tarification dynamique, gestion des voyageurs, ménage, reporting, c'est notre travail.
Vous êtes propriétaire à Dijon, Chaumont ou dans les environs ?
Nous réalisons une estimation gratuite du potentiel locatif de votre bien, et nous vous disons franchement si la courte durée est pertinente dans votre situation, y compris quand la réponse est non.
La Cave à Séjours — conciergerie de location courte durée à Dijon & Chaumont. Commission de 22 % TTC, consommables inclus, sans frais cachés.
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les règles applicables évoluent régulièrement : rapprochez-vous de votre mairie et de votre expert-comptable pour toute décision engageante.
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